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 Déchet en Europe, voiture en Afrique

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adeline

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MessageSujet: Déchet en Europe, voiture en Afrique   Dim 30 Sep - 2:47

Déchet en Europe, voiture en Afrique

Olivier Bailly pour Syfia International (France)
Le 14-09-2007 (Publié sur internet le 20-09-2007 )
http://www.infosdelaplanete.org/2761/dechet-en-europe-voiture-en-afrique.html


La pollution aurait-elle des frontières ? Considérées comme des déchets polluants en Europe, les voitures usagées sont envoyées en Afrique, où elles continuent à rouler. Enquête à Bruxelles et Cotonou, une des plaques tournantes du commerce de vieilles voitures pour l’Afrique de l’Ouest.


Les freins vont lâcher. Il y a de la rouille sur la portière avant droite. Et le moteur tousse. Cette Toyota Carina de 1990 ne vaut plus rien : il est temps de s’en débarrasser ! Que faire de cette épave dangereuse pour l'environnement ? Certes, elle roule encore, mais son taux de pollution est beaucoup trop élevé. En tant que déchets, certains de ses composants doivent être traités afin de ne pas souiller un peu plus la planète.

En Belgique, le recyclage des pièces de voitures est remarquable. Depuis le 1er janvier 2006, les matériaux recyclés d’un véhicule hors d’usage doivent atteindre les 85% et ce sera 95% en 2015, explique Catherine Leenaerts, directrice de Febelauto. Cet organisme belge, fondé en 1999 par la Fédération des automobilistes, est chargé d’informer sur le recyclage des voitures. Notre pays dispose à présent de la meilleure technologie au monde. Même les Japonais viennent chez nous pour voir le matériel…, continue-t-elle. Seul hic : détruire une voiture dans un centre agréé ne rapporte que 40 € pour la ferraille, bien moins que de la revendre…

Même dans un état pitoyable, un véhicule peut terminer sa vie en Afrique. En 2005, 262.000 véhicules ont été exportés de Hollande, précise Catherine Leenaerts. C’est le seul pays à donner un chiffre exact. En Belgique, on estime qu’il y a 250.000 voitures exportées par an. De plus, nous sommes une zone énorme de transit des voitures allemandes et autrichiennes vers l’Afrique.

Cotonou : une destination privilégiée

Le port de Cotonou, au Bénin, est une des plaques tournantes du commerce de voitures d’occasion pour l’Afrique de l’Ouest. Des années durant, il a été le lieu de destination et de transit privilégié de la sous-région, avant que le port de Lomé ne gagne en influence. Chaque semaine, des milliers d'automobiles y sont débarquées. Il y a eu un pic en 2001 avec près de 350.000 voitures, estime le colonel Marcellin Zannou, inspecteur en chef des douanes du port autonome de Cotonou. Puis, cela s’est tassé. Le marché reprend timidement. Celui-ci est essentiellement dominé par des hommes d’affaires libanais. Hassan bosse au port depuis 8 ans. Aujourd’hui, il attend 16 voitures. Demain, huit autres débarqueront. Quel que soit son état, aucune voiture ne repartira avec le bateau.

En 2002, le gouvernement avait décidé que les véhicules de plus de 8 ans ne pouvaient plus venir au Bénin, rappelle le colonel Zannou. Mais la pression sociale a été telle que la décision n’a pas pu aboutir. Le Nigeria, lui, est en théorie plus strict : aucune voiture de plus de dix ans n’est censée y entrer, au nom de la lutte contre la pollution. Mais les quelque 800 km de frontières communes avec le Bénin sont poreux. À l’inverse du Nigeria, le Bénin encourage l’importation des vieilles voitures. Il perçoit ainsi les taxes avant que les véhicules soient réexportés en fraude.

Pierrot est transitaire au port de Cotonou. Il règle les documents administratifs pour toutes les marchandises. Pour une voiture neuve, les taxes peuvent atteindre deux millions de francs CFA (environ 3.050 €). Pour une voiture de 15 ans, ce serait plutôt 538.000 (820 €). Le commerce est tel que le port ne pouvait plus accueillir tous les véhicules et qu'a été créé, à 13 km de Cotonou, le MIVVO (Marché international de la vente des véhicules d’occasion). Des dizaines de milliers de voitures y attendent. Une Golf de 20 ans, 203.000 km, est proposée à 800.000 FCFA (1 220 €). Un minibus Toyota de 1988 a été vendu 2 100.000 FCFA (3 200 €) pour le Niger.

Contrôles légers

Chaque année, au Bénin, toute voiture est supposée passer un contrôle technique au Centre national de sécurité routière (CNSR). 58 882 véhicules ont été contrôlés à Cotonou en 2005. 1 593 ont été rejetés. Mais beaucoup de propriétaires ne passent pas le contrôle, car ils n'ont pas les moyens d'assurer la maintenance, révèle Nestor Vitodegni, chef du service des statistiques et de la documentation du CNSR.
Les émissions de gaz d’échappement y sont contrôlées, mais à titre purement indicatif. La voiture dont le niveau d'émission de monoxyde de carbone (CO) est supérieur à 3% reçoit un simple bulletin avec le résultat : de mauvais à très bon. En Europe, une directive impose à tout véhicule d'être sous la barre des 0,5%. Nous savons que la norme de 3% est élevée, s’excuse Karimou Gadou, chef des Services des exploitations au CNSR, mais nous devons prendre en compte la réalité du pays.
Une interprétation des normes que ne partage pas Benjamin Fayomi, professeur à la faculté des Sciences de la santé, à Cotonou. Dans la philosophie des pays en développement, on essaie de majorer les normes parce qu’on sait qu’on ne pourra pas les atteindre. C’est une erreur. Une norme doit avoir une valeur internationale. La pollution n’a pas de frontières.
Prête à passer le test des gaz d’échappement au CNSR, une Peugeot 305 GL blanche de 1983, venue de France, vient se positionner devant le capteur. Résultat du contrôle : un taux de 8,67 de CO ! Qui ne l'empêchera pas de reprendre la route.

Jusqu'en 2006, des agents du ministère de l'Environnement faisaient des contrôles, à l'aide d'appareils mobiles et pénalisaient les pollueurs. Ces contrôles inopinés étaient dissuasifs. On recevait alors beaucoup de monde, rappelle Apollinaire Houessinon, responsable de la lutte contre la pollution de l'air de Cotonou au ministère. Ces mesures avaient modifié les comportements, et le nombre de pollueurs tendait à diminuer. Mais faute de moyens, ces opacimètres prennent la poussière depuis un an. Aujourd’hui, la pollution atmosphérique asphyxie de plus en plus les Cotonois. Dans les années 82-83, le taux de pollution au CO était quasiment nul, explique François Agossou, porte-parole de l'OMS locale. Maintenant, il atteint 22% alors que la norme mondiale est de 5%.

Lourd constat

L’OMS estime que le taux de benzène, composé volatile cancérigène, ne peut dépasser 5 microgrammes par mètre cube d'air. À Cotonou, il est de 292 au cœur de la circulation. Près de soixante fois le taux toléré ! Une étude interuniversitaire publiée en 2005 a montré que le niveau des particules fines (qui pénètrent les alvéoles pulmonaires) est plus élevé qu’à Bangkok ou dans de grandes villes européennes polluées comme Athènes.
En conclusion, l'étude parle de niveau alarmant de pollution et de dommages génétiques pour la population exposée, tout en reconnaissant que les études doivent être affinées et les observations étalées dans le temps. Faute de financement, cela ne sera probablement pas fait, estime le professeur Fayomi.


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